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Yamwékré

L’éveil des consciences

Accueil > Un programme d’actions > Yamwékré Le samedi 30 mai 2020

Yamwékré signifie “éveil des consciences” en mooré, une des langues du Burkina Faso. Ce projet vise à devenir essentiel dans l’application d’Ingalañ dans ce pays. Notre démarche s’adressera en premier lieu à des enfants d’écoles primaires burkinabè pour leur montrer et leur proposer le chemin de la souveraineté alimentaire et de l’agroécologie, vers une agriculture respectueuse de la terre et du vivant.

Thèmes :Yamwékré

Collaboration entre Yélémani et Ingalañ

Yélémani, signifiant changement en dioula (une des langues parlées au Burkina Faso), a été créée en 2009 sous l’impulsion de Blandine Sankara, aujourd’hui coordinatrice. L’association a pour objectif principal la promotion de la souveraineté alimentaire et de l’agroécologie. Le siège de Yelemani est à Ouagadougou. Son centre d’expérimentation et sa ferme pilote, se trouve à 25 kilomètres de la capitale sur la commune de Loumbila. Les activités principales de l’association sont la production et la commercialisation des produits alimentaires biologiques, l’organisation d’événements pour la valorisation des produits locaux et la conduite d’actions de sensibilisation sur la souveraineté alimentaire.

La collaboration entre Ingalañ et Yélémani a démarré en 2015 par la création du Collectif Citoyen pour l’Agro-Ecologie (CCAE).Depuis,Yélémani compte parmi les principaux partenaires d’Ingalañ au Burkina Faso. Après la livraison de petit matériel sur la ferme de Loumbila en 2016, le partenariat s’est développé à travers l’implantation d’arbres fertilitaires et d’un verger fruitier en 2017 et 2018.

De la suite dans le potager

Depuis 2016, l’association Yélémani intervient à l’école primaire du village de Noungou sur la commune de Loumbila pour sensibiliser les élèves aux produits locaux, à la nutrition et à la souveraineté alimentaire. Un potager scolaire biologique a été mis en place et est cultivé par les élèves. Dans le cadre de visites de terrain (membres d’Ingalañ ou entreprises partenaires), Ingalañ a accompagné Blandine Sankara à plusieurs reprises dans l’école. Pour la suite de leur collaboration, les deux associations bretonne et burkinabè ont souhaité travailler ensemble pour le développement du potager pédagogique et la sensibilisation des enfants à l’agroécologie.

Notons que les enfants scolarisés à l’école primaire de Noungou sont pour la quasi- totalité des fils et filles de paysans. Une sensibilisation à l’agroécologie dès le 1er cycle nous apparaît donc pertinente. Durant l’année scolaire 2019 / 2020, nous étudierons ensemble les possibilités de développement progressif d’étendre cette démarche pédagogique vers d’autres écoles du pays.

Un repas nutritif et sain à l’école

Parallèlement à cette démarche de sensibilisation et à cette amorce d’apprentissage, nous prévoyons dans notre projet commun d’agir sur le repas du midi. La cantine scolaire au Burkina Faso est loin d’être similaire à ce que nous connaissons en Occident. En effet, le repas du midi n’est pas garantie toute l’année dans les écoles burkinabè et l’est encore moins en milieu rural.

Le président de la République, Roch Christian Kaboré, souhaite « offrir à chaque enfant en âge scolaire au moins un repas équilibré par jour ». Il aura pour cela le soutien de la FAO, agence des Nation Unies. C’est donc dans le cadre d’une volonté politique nationale que Yélémani et Ingalañ comptent mener leur projet jusque dans les assiettes des enfants des écoles.

Riz burkinabè biologique

Subissant une forte concurrence du riz d’importation asiatique, le riz du Burkina Faso (comme de beaucoup de pays d’Afrique) peine à trouver sa place sur le marché local.

Depuis 2012, via le programme Tinga Neere, Ingalañ a soutenu 3 groupements et coopératives qui ont reçu des formations à la technique de riziculture agro-écologique SRI (Système de Riziculture Intensive) permettant de tripler le rendement à l’hectare tout en réduisant les besoins en eau de 50 %.

Les formations sont assurées par l’association burkinabè Amapad, spécialisée dans cette technique. À son actif, l’association a convaincu, formé et converti plus d’un millier de producteurs et productrices à cette pratique culturale agro-écologique et performante.

Reconnu comme bien plus nourrissant que celui d’importation, le riz local, par l’organisation de la filière, prend une place de plus en plus significative dans les assiettes des enfants scolarisés.

Riche, local et sain.

La production locale burkinabè peut être à même de subvenir aux besoins alimentaires du pays. Cela a été démontré en l’espace de quatre ans par le Président Thomas Sankara. En 1987, le Burkina Faso était autonome en alimentation et le concept de souveraineté alimentaire appliqué.

Des produits locaux sont reconnus riches et nourrissants, notamment le moringa, surnommé “arbre de vie”, véritable source de vitamines, minéraux et acides aminés et le pain de singe, fruit du baobad, dont la richesse en calcium est deux fois plus élevée que le lait. De même, les légumes secs ou légumineuses ne manquent pas et la production est en progression chaque année.

Si le Pays des Hommes Intègres peut être « alimentairement autosuffisant » et si l’assurance d’ un repas équilibré par jour aux enfants est un objectif réaliste, il nous apparaît alors primordial de lier l’agroécologie, le respect de l’environnement et une nourriture saine à cette démarche.

Yamwékré, l’éveil des consciences

Le titre choisi pour ce projet commun est Yamwékré, ce qui signifie “éveil des consciences” en mooré, une des langues du Burkina Faso. Notre démarche s’adressera en premier lieu à des enfants d’écoles primaires burkinabè pour leur montrer et leur proposer le chemin de la souveraineté alimentaire et de l’agroécologie, vers une agriculture respectueuse de la terre et du vivant.

Ces jeunes filles et garçons apprendront dès le début de leur scolarité à planter un arbre fertilisant, de la graine à son entretient, et pourquoi il faut le planter. Ils, elles apprendront à faire du compost et comprendront la différence avec les produits chimiques. Enfin, les enfants feront pousser des légumes et prendront soin de leur potager.

En pleine croissance comme les arbres qu’ils verront pousser, ces jeunes ont également besoin d’un corps en pleine santé. Un plat quotidien de produits sains, locaux et nourrissant est indispensable pour apprendre et comprendre l’agroécologie.

2020/2021 1ère année du projet

Pour son démarrage, le projet Yamwékré vise :

  1. A améliorer la qualité nutritive et qualitative (bio)des repas du midi, chez nous nous parlons de cantine, d’enfants d’écoles primaires au Burkina Faso. La première école visée est l’école de Noungou, commune de Loumbila.
  2. A améliorer l’espace de cuisson des repas par des systèmes économe en bois.
  3. A sensibiliser les enfants et leurs parents à une bonne nutrition, les produits locaux et à la souveraineté alimentaire.
  4. A améliorer les possibilités de production de la ferme pilote de Loumbila
  5. A soutenir le riz burkinabè face au riz d’importation (Asie)
  6. A soutenir la formation et la conversion des riziculteurs et rizicultrices à l’agriculture biologique. Les paysan-ne-s pratiquent déjà la technique SRI et sont très demandeur-euse-s de dégager des derniers intrants non biologiques.

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