Tinga Neere

Qui sommes nous ?Actions agro-écologiques pour la souveraineté alimentaire en Afrique Sahélienne Facebook Twitter Tinga Neere

Projet Soulga

Programme d’appui à la filière de transformation artisanale de la fibre de coton biologique et équitable burkinabè

Accueil > Un programme d’actions > Projet Soulga Le mercredi 28 décembre 2016, par Florian

Contexte

L’Afrique de l’Ouest représente 2 % des 112000 t de fibres de coton biologique produite dans le monde en 2016. Alors que la production de coton biologique baisse partout dans le monde, elle a vu ses surfaces emblavées croître de 38 %.
La quasi-totalité de cette production est exportée, tout juste égrenée, sous formes de fibres vers les pays façonniers principalement asiatiques. Seule la transformation artisanale permet une valorisation locale de cette matière première.
Selon les statistiques officielles établies par la Fédération Nationale des Artisans du Burkina Faso, ce secteur artisanal représente près de 60 000 groupements d’artisans soit environs 300 000 personnes, dont 60 % de femmes, qui sont concernés par cette activité (tisserands, teinturiers, couturiers...etc). La ville de Ouagadougou compte à elle seule près de 10 000 couturiers, en majorité des jeunes. Avec un taux de chômage des moins de 25 ans dans cette ville qui avoisine les 80 %, on comprend l’intérêt de développer cette sous-filière.

Historique

L’association Ingalañ est née en 2004 à Rennes avec pour objet le développement et la promotion du commerce équitable en Bretagne et à l’international. En 2007, la Région Bretagne initie un projet de développement d’une filière de coton biologique et équitable au Mali et au Burkina Faso et invite Ingalañ à travailler sur la valorisation locale de la fibre de coton issue de cette filière. Nous engageons alors un partenariat avec Ivatex, une coopérative d’artisans engagés dans une démarche de commerce équitable.
L’arrivée en plein champs du coton ogm en 2008 et sa rapide progression (dès 2010, 70 % du coton burkinabè est ogm) casse la dynamique de cette filière par le risque de contamination de la fibre. Cela provoque le retrait des principaux bailleurs ou ONG qui la soutenait dont la Région Bretagne.
En 2011, Ingalañ, à la demande et avec ses partenaires burkinabè, met en place Tinga Neere, « terre meilleure » en Moré, un programme de développement de l’agroécologie au Burkina Faso. Le principal volet du programme est le développement d’une filière de soja biologique qui a atteint, lors de la dernière campagne 2015/2016, 5200 t produites, 5000 ha emblavés par près de 4 800 paysans. Aujourd’hui, nous travaillons à la rotation culturale de cette filière en y introduisant du coton biologique notamment.

Le projet Soulga

Les avancées du programme Tinga Neere, le rejet du coton ogm par les paysans et son arrêt décidé en juin 2016 par les autorités burkinabè, nous permette aujourd’hui d’œuvrer à la relance d’une filière de coton biologique et équitable.
Avec la coopérative Ivatex, Ingalañ démarre, en juin 2016, Soulga « tisserand » en moré, un programme de soutien à la transformation artisanale de la fibre de coton.
L’expérience acquise sur le terrain conduit Ingalañ à avoir une vision claire de la filière artisanale textile burkinabè et de son potentiel. Nous constatons aussi certains freins qui bloquent encore son développement comme la difficulté pour les artisans à accéder à la matière première coton biologique ou comme la faiblesse technique qui, malgré un savoir-faire réel, ne répond pas aux critères de qualité exigés par le marché, notamment international.
Soulga se doit donc d’encourager les liens entre paysans et artisans. En s’appuyant sur le programme Tinga Neere, une production de 5t de coton-graines biologique est envisagée en 2017 au bénéfice des artisans de la coopérative Ivatex.
Pour ce qui est de l’amélioration technique de la transformation artisanale, notre idée est de s’appuyer sur l’exemple de l’Inde. Ce pays, qui est aujourd’hui la première puissance cotonnière industrielle, a su garder sa filière artisanal qui est reconnue mondialement pour sa qualité. Des contacts ont été pris dans ce sens avec Kora, une organisation de designers indiens qui travaillent sur la transformation du coton au village dans la tradition du coton Khadi. Un échantillonnage de fibre de coton burkinabè a été envoyé à Kora en juin dernier pour un test de filage au charkha (rouet indien) qui s’est avéré concluant. Une première formation sur le filage au charkha, est envisagée courant 2017 au Burkina Faso en partenariat avec Ivatex et Kora.

Publié le mercredi 28 décembre 2016 par :

  • Florian

    Animateur/Promoteur des programmes de développement Tinga-neere Association Ingalañ