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La campagne 2014

Agroforesterie avec l’APAF

Accueil > Un programme d’actions > L’agroforesterie et les arbres fertilitaires > La campagne 2014 Le mardi 7 avril 2015, par Florian

La formation des producteurs et productrices à la technique agroforestière utilisant les arbres fertilitaires pour la restructuration et l’enrichissement des sols est une des priorités de la stratégie générale d’Ingalañ et de ses partenaires engagés dans le programme Tinga Neere au Burkina Faso.
Avec le concours de l’APAF, 6 coopératives maraîchères dans la Région du Centre du Burkina Faso ont reçus la formation à l’agroforesterie.

Thèmes :Arbres fertilitaires

Activités prévues la première année

  • Informer et sensibiliser aux problèmes de la dégradation de l’environnement et de ses conséquences.
  • Former les maraichers(es) aux techniques agroforestières.
  • Créer et équiper une pépinière par coopératives et former deux pépiniéristes par site.
  • Préparer des plants d’espèces fertilitaires inoculés avec des symbiotes adaptés (rhizobiums+mycorhizes) et les planter aux densités choisies.
  • Mettre en place un champ école par coopérative.
  • Planter 1000 à 2000 arbres fertilitaires par coopérative.
  • Clôturer les champs écoles afin de les protéger de la divagation des bétails.
  • Lutter contre les feux de brousse et solutionner les problèmes de divagations.
  • Former et informer les maraichers à la reconstitution de forêts galeries ou sacrés ou de productions, et promouvoir la RNA (régénération naturelle assistée).
  • Visites bord-champs, guidées et commentées.
  • Production de rapports et capitalisation des données.

Activités réalisées au premier semestre

Une réunion de cadrage qui a eu lieu au Conseil Régional du Centre à Ouagadougou a véritablement marqué le démarrage des activités sur le terrain. En effet, le Conseil Régional est notre porte d’entrée sur les coopératives, car celles-ci sont sous sa tutelle et aucune action ne peut être menée sans la « bénédiction » de celui-ci. Cette réunion avait pour but de définir le cadre des activités du projet et de mettre en contact les agents d’agriculture chargés de l’encadrement des coopératives maraichères des six communes couvertes par le projet avec le personnel d’APAF Burkina Faso.
A la suite de cette réunion, la voie était ouverte pour le début des activités proprement dites au sein de chaque coopérative. Le déroulement des activités a été le même pour chaque coopérative et consistait en :

  • Des appels téléphoniques pour établir les premières prises de contact avec les agents d’encadrement et les présidents de coopératives maraichères,
  • Des visites in situ dans chacune des coopératives pour faire l’état des lieux avec les coopérateurs et programmer le déroulement des activités avec chaque coopérative,
  • Des explications/exposés du concept de l’agroforesterie fertilitaire aux coopérateurs,
  • Au dépôt du matériel d’ensachage du terreau au niveau de chacune des 6 coopératives.
  • Des formations à la préparation du terreau et à son ensachage.
  • Des formations à la levée de dormance des semences pour chaque espèce d’arbre fertilitaire,
  • Des formations au semis et à l’inoculation des semences des arbres fertilitaires,
  • Des sorties de suivi-appui dans chacune des coopératives pour le contrôle de la levée des semis, le diagnostic et la résolution des difficultés éventuelles,

Notons enfin que pour des raisons pratiques et de calendrier, il était impératif que la mise en place des pépinières se fasse dans la même période. Il nous a fallu intensifier le travail pour ne pas rater la mise en place des pépinières qui doit se faire au moins 70 jours avant plantation dans les champs maraichers.

Inoculation des graines

Description des stratégies choisies en termes d’objectifs, de résultats à atteindre et d’actions

En ce qui concerne la méthodologie d’intervention dans les villages, il s’agit de mettre en pratique une démarche participative et volontaire incluant la formation des paysans aux différentes techniques agroforestières et forestières, que ce soit dans leurs champs individuels ou collectifs, dans leurs espaces de boisements ainsi que dans les pépinières villageoises. Il ne s’agit donc pas d’un programme plus ou moins « parachuté » et réservé à des experts venus de l’étranger, mais d’une action de développement « autocentré » sur la participation active des intéressés.

Le projet repose sur une approche participative au niveau villageois qui peut se résumer en six étapes :

  • Réunions d’information et de sensibilisation aux problèmes de la dégradation de l’environnement et de ses conséquences ;
  • Expertise technique d’un expert agro-forestier d’APAF
  • Vulgarisation des principes agroforestiers et forestiers dans les champs et boisements des paysans, groupements et communautés qui se sont portés volontaires ;
  • Mise en place de champ écoles.
  • Mise en place de pépinières villageoises ;

Pépinière

Difficultés rencontrées

Le respect de l’itinéraire technique
Une coopérative n’a pas respecté les consignes lors de la réalisation des terreau ce qui a entrainé une non germination des graines. En effet, les paysans ont utilisé du fumier à forte dose en lieu et place du compost mûr que nous leur avons préconisé. Résultat : aucune germination n’a été constatée et nous avons eu à reprendre le semis de plus de 600 pots avec du bon compost. Il y a lieu donc de former les paysans sur la fabrication du compost et sur la différence entre compost et fumure organique car manifestement la confusion est grande.
De même à Komsilga, le manque d’organisation après la formation a fait que le semis n’a pas eu lieu effectivement après notre départ. Le non-respect des consignes de la formation sur la levée de dormance des semences a eu pour conséquence une reprise du semis pour 1000 pots.

Les dégâts causés par les animaux
La pépinière de Koubri a été ravagée par les animaux en liberté, faute de clôture appropriée. Là aussi nous avons eu à reprendre le semis sur 1600 pots.

Qualité de la semence
Nous avons remarqué que les échecs au niveau de la levée concernent majoritairement les semences de samanéa saman. Toutefois les proportions ne sont pas alarmantes puisque le taux d’échec varie de 2 à 20%.

Le problème d’eau
Il se pose à Komki-Ipala et Saaba où il est difficile de multiplier les sites pour rapprocher les plants des producteurs justement à cause de la pénurie d’eau.

Activités réalisées au second semestre

Les activités du projet ont pu se poursuivre en dépit des dysfonctionnements notés. Il s’agissait pour ce semestre de réaliser les activités suivantes :

  • Mise en place des pépinières de moringa et morinda lucida
  • Re-semis des espèces qui n’ont pas bien levé (samanéa saman et albizia lebbeck)
  • Formation sur les techniques d’entretien et de plantation d’un champ agroforestier (taillage, émondage, étêtage, etc.)
  • Pose des clôtures (fil de fer barbelé)
  • Plantation des arbres fertilitaires dans les champs maraichers.
  • Observation du comportement des arbres fertilitaires
  • Suivi-appui des producteurs.

Mise en place des pépinières
Cette activité qui s’est menée en juin a concerné 300 plants de moringa oleifera et 300 plants de morinda lucida par coopérative. Elle avait pour but de constituer des brises vent.
Elle s’est déroulé dans l’ensemble des 6 coopératives.

Re-semis des espèces qui n’ont pas bien levé
Pour diverses raisons, certaines espèces telles que le gliricidia sépium, le samanéa saman, l’albizia stipulata et l’abizia chevalieri n’ont pas connu un bon taux de germination. Une reprise des semis s’avérait donc impérieuse pour respecter les normes techniques. Au total, ce sont 400 plants par espèces qui ont été mis en pépinière en vue de remplacer les manquants observés au niveau de chacune des 6 coopératives.

Mise en œuvre des pratiques culturales innovantes
Cette activité s’est déroulée avec le partenaire Ingalañ au sein de la plateforme de Ouagadougou sous forme de phase pilote. On peut dire que cette phase de rodage a permis de tester le protocole avant une éventuelle vulgarisation au niveau des coopératives.
Différents types de compost pour le maraîchage sont également au stade d’expérimentation et concerne la tomate, le choux, les oignons et la pomme de terre.

Formation sur les techniques d’entretien et de plantation d’un champ agroforestier
Cette activité n’a pas concerné toutes les coopératives car la période retenue (juin) a coïncidé avec celle des travaux agricoles, entrainant une faible mobilisation des producteurs. Une reprise de cette activité est prévue pour le 3e semestre (janvier-juin 2015) car c’est la période où les activités agricole sont moins intenses.

Pose des clôtures
La pose des clôtures de barbelés s’est faite dans la totalité des coopératives comme l’indiquent les photos ci-dessous.

Préparation du barbelé

Plantation des arbres fertilitaires dans les champs maraichers
Au total 12 600 arbres toutes espèces confondues ont été plantés soit 2 100 par coopérative.

Observation du comportement des arbres fertilitaires
Deux fois par mois, des visites ont été organisées au niveau de chaque coopérative en vue de s’enquérir de l’évolution des plants. Nous avons pu ainsi constater un bon développement des plants.

Suivi-appui des producteurs
En plus des 2 visites mensuelles pour observer le comportement des arbres, nous effectuons à chaque fois que de besoin, un suivi-appui des producteurs pour leurs apporter conseils, suggestions et correctifs pour le bon déroulement de l’opération dans laquelle ils sont engagés dans le cadre de ce projet. Nous notons une grande réceptivité de leur part et une volonté manifeste de réussir.

Difficultés
La fin de la saison des pluies et la récolte des productions agricoles qui s’en suit, marque également la fin de la claustration et/ou du gardiennage du cheptel domestique. Cette liberté des animaux a mis à rude épreuve les clôtures de barbelés qui entourent les différents champs si bien qu’à certains niveaux les animaux ont pu avoir accès aux arbres et les détruire. Il est donc impératif de penser dès à présent à d’autres techniques qui viendraient en complément du barbelé.

Arbre fertilitaire

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Publié le mardi 7 avril 2015 par :

  • Florian

    Animateur/Promoteur des programmes de développement Tinga-neere Association Ingalañ